Discours de Marine Le Pen au meeting de Mayotte

Discours

Discours de Marine Le Pen au meeting de Mayotte

Quelle joie, quel bonheur d’être ici devant vous sur cette si belle et joyeuse terre de Mayotte.
A vous tous réunis aujourd’hui je veux vous dire :
Marahaba ! Maharabanyengi (merci beaucoup) !
Merci de votre accueil si chaleureux !
Merci de votre soutien !
Merci du fond du cœur !

Votre ferveur, votre enthousiasme, mais je veux aussi le dire ici devant vous, votre gentillesse, l’affection que vous me témoignez depuis trois jours, et votre amour de la patrie, inscrit ici sur cette place, m’honorent et m’obligent, comme ils honorent et obligent la France.

Oui mes amis, je mesure votre désarroi et votre désespoir, je mesure l’immensité de la tâche à accomplir pour redonner aux Mahorais la dignité, l’intérêt et la place auxquels vous avez droit comme citoyens de la République française !

Il y a 47 ans, quasiment jour pour jour, vous, Mahorais, avez lancé à la France un cri d’amour en manifestant par référendum votre désir de rester au sein de notre si belle et grande Nation.

Pendantprès de quinze ans, ce cri n’a eu comme réponses que les sarcasmes méprisants, les promesses sans lendemain et les regards indifférents des Gouvernements successifs.

Disons-le franchement, Emmanuel Macron et son gouvernement n’ont pas dérogé à cette mauvaise habitude.
Comment appeler autrement le dernier voyage du président de la République, il y a déjà plus de deux ans, au cours duquel ce dernier venait annoncer, avec tambours et trompettes, l’allongement de la piste d’aviation que vous attendez depuis plus de 20 ans ?

Que s’est-il passé ? Rien !

Qu’est devenue cette grande promesse présidentielle,rien, si ce n’est un petit projet dans une petite maison sur la petite île !



Vous êtes les victimes depuis des années d’une inaction coupable, vous ayant privé de la sécurité, de la tranquillité et de la prospérité auxquelles vous avez droit comme tout citoyen français.

Cet abandon se traduit par une liste des drames dont vous êtes les victimes: en avril dernier, à Mstangadoua, un jeune homme de 17 ans est poignardé à mort devant son lycée ;
une semaine plus tard, à Mamoudzou, un autre est assassiné en pleine rue à coups de tournevis ;

il y a moins de deux semaines, c’est au sein même du lycée de Kahani qu’un lycéen a été poignardé par un autre, le laissant avec de graves blessures.

J’ai parlé à des jeunes lycéennes de Kahani folles d’inquiétude face aux violences et aux caillassages, folles d’inquiétude aussi de voir leurs études mises en péril par les fermetures régulières de leur lycée conséquences de cette criminalité.

Vont-elles pouvoir devenir infirmières, enseignantes, comme elles le souhaitent avec un enseignement aussi dégradé ?
J’ai parlé aux mamans qui voient partir chaque jour le bus scolaire en sachant que leurs enfants ne sont pas en sécurité ni dans le bus ni dans le lycée.

J’ai parlé aux conducteurs de ces bus qui héroïquement continuent leur travail où ils vont chaque jour avec la peur au ventre.

J’ai parlé à des habitants qui pendant les trajets craignent à chaque embouteillage d’être victime de violences et de vols en bande organisée, à ceux qui sont obligés de mettre des grilles à leur logement pour espérer dormir un peu tranquille, à toute cette population mahoraise dont la vie s’arrête à 18h, heure du couvre-feu informel imposé par les voyous.

J’ai parlé aux personnels soignants dans un hôpital entouré de barbelés qui me disent avoir le sentiment de travailler en prison et qui respirent les gaz lacrymogènes lancés pour tenter de disperser les bandes de racailles.

J’ai parlé aux policiers, aux médecins qui me disent que le réseau d’insécurité est tel qu’il est de plus en plus difficile de faire venir des fonctionnaires de métropole qui ne veulent pas faire vivre leurs familles dans une telle insécurité.
Un médecin de métropole qui venait avant pour 3 ou 4 ans vient aujourd’hui pour 1 ou 2 mois.

Et que dire des actes criminels qui, dans une impunité quasi absolue, visent jusqu’aux institutions mêmes de la République :

Il y a trois mois, ce sont les services de la mairie et de la police municipale de Koungou qui ont été incendiés par des émeutiers;

Il y a deux mois, ce sont les véhicules personnels du maire de Ouangani et de sa femme qui ont été réduits en cendres par des délinquants qui courent toujours ;

Et plus récemment encore, c’est un policier qui a été hospitalisé d’urgence après avoir été violemment attaqué par une bande de voyous devant un supermarché à Combani.

Combien de lycéens assassinés, combien de mairies incendiées, combien de véhicules caillassés faudra-t-il encore avantde susciter une réaction ?

Combien de souffrances et de tragédies vous faudra-t-il encore endurer, vous, Français de Mayotte si chers à mon cœur, avant de consentir aux moyens, aux mesures et aux investissements nécessaires pour vous protéger ?

Parce que rendre aux Mahorais leur sécurité, cela demande du courage.

Parce que mettre un terme à l'immigration clandestine qui surcharge l’île, cela demande de la détermination.

Parce que faire respecter la France face aux outrances et aux provocations de certains voisins, cela demande de la volonté.

Parce que rendre aux Mahorais leur dignité, cela demande du dévouement.

Et qu'aucune de toutes ces qualités n'existe dans la façon dont Mayotte est administrée par Emmanuel Macron!

Je connais votre exaspération.

« Ras-le-bol » « Ça suffit » ce cauchemar doit s’arrêter.
« Bass Ivo » voilà ce que j’ai entendu dans la bouche de tous les Mahorais depuis le début de mon séjour.

Je sais combien vous vous sentez abandonnés, livrés à vous-mêmes par des pouvoirs publics sourds à vos préoccupations.

Certains de vos élus et de vos responsables politiques, au premier rang desquels figurent Daniel Zaidani, SaidaliHanissi, Soihibou Ali, Battiston SaindouAouladi et Anthony Lemoosy,auxquels je tiens ici à rendre hommage ainsi qu'à leur dévouement et à leur travail exceptionnel, parfois même au péril de leur vie, me font régulièrement part de votre détresse et de votre colère face à une situation sécuritaire, économique et sociale indigne de notre pays.

Mais la réalité est pire que la pire des descriptions et la situation s’aggrave à une vitesse terrifiante.

Je veux pourtant vous adresser aujourd’hui un message d’espérance.

Oui mes amis, un message d’espérance, car si l’ensemble de la classe politique continue à se désintéresser de vous il est possible de vous rendre sécurité, prospérité et confiance dans l’avenir.





Vous le savez je suis la seule à être lucide sur la situation de Mayotte, mais je suis aussi la seule à proposer un programme à la fois complet, détaillé et adapté à la situation de Mayotte,

parce que je n’ai pas attendu d’être candidate à la présidence de la République pour pointer du doigt le danger mortel que représente une immigration hors de contrôle,

parce que mon Gouvernement sera le premier de l’histoire de la Ve République à faire de l’Outre-mer une grande priorité du quinquennat,

nous écrirons, ensemble, un nouveau chapitre glorieux et heureux de cette île merveilleuse !

Ces mesures, mes chers compatriotes, sont guidées par l’attachement profond et sincère que je vous porte, à vous, habitants millénaires de cette île si envoûtante et généreuse.

Aux européennes de 2019, déjà, vous m’avez témoigné votre reconnaissance en plaçant, par vos suffrages, en tête, à plus de 46%, la liste de Jordan Bardella qui me représentait.

Votre confiance, mes amis, me touche j’en serai digne.

Et je vous le dis solennellement aujourd’hui, je ne vous décevrai pas !

Dès le début de mon quinquennat, je mettrai un terme immédiat à cette immigration illégale folle, qui en quelques années a fait de vous une minorité dans votre propre île.
Bien des décideurs locaux savent qu’il n’y a pas 270 000 habitants sur l’île comme l’indique le recensement, mais plus sûrement 450 à 500 000 dont plus des deux tiers sont maintenant des clandestins.

Chacun comprend qu’on ne peut offrir des services publics dignes de ce nom si la population réelle est près de 2 fois plus nombreuse que la population pour laquelle ils sont conçus.

Car, oui, je n’ai pas peur de faire le lien entre insécurité et immigration, tant les faits montrent chaque jour qu’à Mayotte encore plus qu’ailleurs, la criminalité et la délinquance sont d’abord liés à la submersion de l’immigration clandestine.


C’est pourquoi, dès mon élection, je soumettrai au référendum un projet de loi sur l’immigration qui s’appliquera à la Métropole mais aussi ici, à Mayotte, comme à l'ensemble de l'Outre-Mer.

Il permettra de mettre fin à cette pression migratoire insupportable :
Ce sera la fin totale du droit du sol,
les prestations de solidarité seront réservées aux Français et aux étrangers ayant travaillé au moins cinq ans équivalent temps plein en France,
l’expulsion des clandestins et des étrangers condamnés pour crimes et délits graves sera systématiquement prononcée.
Les régularisations de clandestins qui se multiplient ici ne seront plus possibles. Les clandestins devront rentrer chez eux et demander légalement l’autorisation de venir.
Ainsi dès ma prise de fonction, j’augmenterai de 7.5 milliards d’euros sur le quinquennat le budget français de la sécurité et de la justice permettant de renforcer les effectifs et les moyens des forces de l’ordre dont Mayotte bénéficiera bien sûr.

Parce que l’immigration à Mayotte vient d’abord par les kwassa-kwassa venant des Comores, je déploierai des moyens maritimes et aériens permettant d’assurer la permanence de la surveillance des approches maritimes et d’intercepter les embarcations de migrants avant qu’elles n’atteignent les côtes mahoraises.

Nous en finirons ainsi avec ces images d’impuissance des forces de police et de gendarmerie, incapables de stopper les embarcations de clandestins parce que sous-équipées et trop peu nombreuses, comme il y a peu à Majikavo !
Nous éviterons également ces décès en mer qui sont des drames qui nous touchent tous.

Mais ces mesures nécessaires, mes amis, ne pourront être durablement efficaces que si nous traitons le problème à la source.
Je veux bien sûr parler ici du cynisme des dirigeants comoriens, qui utilisent Mayotte comme une soupape à la faillite de leur propre politique, en poussant chaque jour, des milliers de personnes à fuir des îles où sévissent pauvreté, délinquance et corruption.

Qu’a fait Emmanuel Macron pour enfin faire preuve de fermeté à l’égard des Comores ?
Rien !

Cette passivité est d’autant plus inacceptable que lesresponsables comoriens ne perdent jamais une occasion pour provoquer la France en revendiquant une chimérique Mayotte comorienne, foulant aux pieds le choix des Mahorais d’être pleinement Français.

Elue présidente, je changerai la politique diplomatique française vis-à-vis des Comores.

Les maîtres-mots en seront fermeté et détermination.

Les dirigeants comoriens doivent d’ores et déjà savoir que sous ma Présidence, aucun, et je dis bien aucun visa, ne sera délivré s’ils refusent de reprendre leurs ressortissants en situation irrégulière.

Et, si la situation n’évolue pas nous gèlerons les avoirs dont disposent les dirigeants comoriens en France et nous interdirons les transferts financiersdes Comoriens en France vers leur pays d’origine.


Nous bloquerons l’aide publique au développement.

Je ne peux admettre qu’en récompense de ses menaces Mr. Azzali se soit vu remettre par Emmanuel Macron un chèque de 150 millions d’euros dont Mayotte aurait, elle, bien besoin.
Mais l’incurie de nos dirigeants successifs ne se résume malheureusement pas à la problématique sécuritaire et migratoire.

Il y a de ça 10 ans, lors de grandes manifestations, vous avez crié votre détresse face à un coût de la vie trop élevé qui maintient un grand nombre des vôtres dans une situation économique difficile.


Malgré cela, rien n’a vraiment changé depuis.

Français de Mayotte, je veux vous dire aujourd’hui que je serai la Présidente du pouvoir d’achat, je serai la Présidente de votre pouvoir d’achat !

Je réformerai pour cela l’octroi de mer, qui renchérit le prix des produits importés, ici, à Mayotte, en exonérant de ce dernier les produits français et de l’Union européenne.

Vos municipalités seront financées par une dotation globale de fonctionnement comme toutes les communes de métropole.

Il n’y a aucune raison que subissiez la double peine : vie chère plus impôt supplémentaire.

Je veux pour les Mahorais une économie prospère, qui exploite tout le potentiel qu’offre sa situation géographique exceptionnelle, dans cette région stratégique du Canal du Mozambique.

C’est pourquoi je me battrai pour faire de Mayotte la base arrière du projet gazier au large du Mozambique.


Dès le début de mon quinquennat, je lancerai le chantier de la transformation du port de Longoni pour qu’il puisse devenir d’ici 10 ans la plaque tournante du transport et du ravitaillement des navires pétroliers et gaziers de toute la zone du Canal du Mozambique.

De même, les travaux d’allongement de la piste de l’aéroport de Dzaoudzi, auxquels vous êtes très attachés, seront enfin lancés.
En matière de santé, force est de constater que le système actuel est noyé par le nombre de patients.

Mayotte, comme tout le reste de la France,grâce à une loi de programmationnationale de 20 milliards d’euros, bénéficiera d’investissements sanitaires et de revalorisations des rémunérations des personnels de santé.
Comme vous le savez, santé et environnement sont étroitement liés et je ne peux accepter qu’il n’y ait toujours aucune usine de traitement de déchets sur votre île.

C’est une honte !

Retrouver des déchets, parfois toxiques, dans votre lagon ou vos mangroves est indigne de notre pays.
La construction de cette usine sera l’une des premières mesures de mon quinquennat.
Il en va de votre santé, de celle de vos enfants et de la préservation de vos superbes espaces naturels !

Joyau français de l’Océan Indien, Mayotte mérite mieux que des infrastructures vieillissantes, inadaptées ou pire, absentes !
Le problème d’accès à l’eau courante doit évidemment être avec les collectivités locales un dossier urgemment traité.
On ne peut pas admettre que les coupures d’eau deviennent une habitude.
Il n’y a pas non plus dans ce domaine de fatalité, juste un manque de volonté, de prévoyance et parfois d’honnêteté.

Le renouveau économique que ces investissements rendront possible, ne peut toutefois pas exister,chers amis,sans un système éducatif de qualité capable de former à Mayotte les forcesvives de demain.

Or, force est de constater que, là aussi, vous avez été abandonnés par des pouvoirs publics qui n’ont, il faut le dire, guère de considération pour l’avenir de vos enfants.

Comment accepter, en France, qu’un département puisse connaître un taux d’illettrisme de près de 71% parmi les jeunes de moins de 17 ans, plaçant Mayotte à des niveaux proches de pays en voie de développement ?

Cette situation catastrophique, mes chers compatriotes ne saurait durer au risque de précipiter Mayotte vers un abîme dont elle ne ressortirait pas,
celui d’une île qui se vide de ses jeunes envoyés par leurs parents à La Réunion ou en Métropole pour recevoir une meilleure éducation et échapper à l’insécurité,
celui d’une île qui se prive de ses compétences de demain,
celui d’une île qui progressivement se meurt.

De cela je ne veux à aucun prix.
C’est la raison pour laquelle je mettrai en place un plan spécial pour l’éducation à Mayotte centré autour de mesures fortes : une diminution des effectifs des classes de primaires pour offrir aux jeunes Mahorais un environnement scolaire privilégié pour leurs études ;
un renforcement des heures de français à l’école primaire et au collège;
des classes spécifiques pour les enfants qui ne maîtrisent pas la langue française
un plan de construction d’écoles et de collèges soutenu et impulsé en priorité par les collectivités locales de Mayotte pour que les élèves disposent des infrastructures nécessaires pour réussir ;


un recrutement supplémentaire, grâce à des concours locaux, d’enseignants du premier degré pour que l’Etat assure enfin sa mission éducative à Mayotte avec un nombre d’enseignants suffisants.

Toutes ces dispositions figureront dans une grande loi – programme en faveur de l'Outre-mer.

Comme figurera le problème des retraites de misère qui ne rendent pas justice à des travailleurs qui ont cotisé toute leur vie pour se retrouver à l’automne de leur vie dans le dénuement.

Je la ferai voter dès le début de mon quinquennat, et...non pas à la fin !

Vous l’avez compris, mes chers amis, si je suis la seule à porter un projet aussi détaillé, travaillé et structuré pour Mayotte, c’est parce que j’éprouve un attachement fort, un attachement profond, un attachement sincère à cette île, votre île, si loin de Métropole mais si chère à mon cœur.
Une île forte d’une population à l’hospitalité et à la gentillesse légendaires,
une île riche d’une culture millénaire, dont le rythme envoutant du m’godro ou le charme coloré des nambawanis portés les jours de fête en sont deux des plus éclatantes démonstrations,
une île forte d’un patrimoine naturel et architectural unique, véritable trésor français.


Mon programme, chers compatriotes de l’autre bout du monde, je l’ai conçu avec mon cœur, avec mon âme, avec la sensibilité que j’éprouve pour vous, si attachants, si généreux, si courageux et finalement si Français.

Pour que votre voix soit enfin entendue,
pour que vous cessiez d’avoir peur pour les gestes les plus simples de la vie quotidienne,
pour que votre sécurité et votre tranquillité soient enfin assurées,
pour que votre île redevienne une terre d’avenir et non d’exode,
pour que vos spécificités, vos traditions et votre mode de vie soient à nouveau respectés,
rejoignez-moi !
Battez-vous pour Mayotte
Croyez en vous et Mayotte sera à nouveau une terre de France prospère, heureuse et où il fait bon vivre !

Vive Mayotte ! Vive la République ! Vive la France !
Par Marine Le Pen | 05 janvier 2022 | Discours